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Art-thérapeute à Château-Gontier: le parcours singulier de Maëlis de Lambetye

Historienne d’art devenue psychothérapeute puis art-thérapeute, Maëlis de Lambetye exerce aujourd’hui à Château-Gontier.

Son parcours, loin d’être linéaire, s’est construit au fil des rencontres, des formations et des expériences, avec un fil rouge : l’art, la compréhension de l’humain et le goût d’expérimenter.

Un « joli labyrinthe » entre art et psychologie

Lorsqu’elle raconte son parcours, Maëlis de Lambetye ne parle pas de vocation tracée à l’avance. Elle évoque plutôt « un joli labyrinthe fait d’appétences naturelles, de réponses à un manque, de rencontres et d’expériences ».

L’art est là depuis l’enfance. Elle grandit entourée de vieilles pierres, fréquente les musées et les antiquaires d’un quartier parisien. Elle se souvient d’une sensibilité particulière à « l’harmonie d’une couleur, d’une forme », et de cette capacité d’émerveillement qui devient progressivement un moteur.

Après des études littéraires, l’histoire de l’art s’impose assez naturellement. Elle étudie à la Sorbonne puis poursuit son parcours à Rome pendant quatre ans. De retour en France, elle rejoint la Réunion des musées nationaux – Grand Palais, où elle travaillera pendant 21 ans, notamment comme iconographe et documentaliste. Elle passera également par la Chalcographie du Louvre, au sein de cette collection historique de matrices d’estampes.

À ce moment-là, rien ne la destine encore à l’art-thérapie.

Puis sa vie personnelle vient ouvrir un autre chemin.

Cinq enfants, beaucoup de questions et l’envie de comprendre

Maëlis devient mère de cinq enfants. Cinq personnalités, cinq façons de communiquer, cinq situations à accompagner.

Elle raconte cette période avec une franchise peu conventionnelle : « J’étais incompétente, cela ne s’improvise pas. »

Alors elle cherche. Elle consulte, se forme, lit, expérimente. Elle apprend à communiquer, cherche des relais thérapeutiques et médicaux, essaie, adapte, se trompe.

« J’ai appris, j’ai essayé, j’ai adapté cinq fois, je me suis trompée un millier de fois. »

De ces expériences naît progressivement l’envie de mettre cette matière au service d’autres personnes. Après sept années d’études universitaires en sciences humaines, elle choisit toutefois de ne pas reprendre un cursus universitaire initial en psychologie, incompatible avec son contexte familial et professionnel.

Elle se forme autrement, de manière progressive et intensive : PNL, PNL thérapeutique, hypnose ericksonienne, psychotraumatologie, psychopathologie… Pendant six ans, elle multiplie les modules et les séminaires, tout en poursuivant son activité professionnelle.

Son parcours devient alors un vaste terrain d’exploration des comportements humains.

Quand l’art passe de l’autre côté du cadre

La création arrive ensuite presque comme une évidence.

« Créative par nature… le cadre imposé me grattait aux entournures », raconte-t-elle.

La rencontre avec une art-thérapeute va jouer un rôle déterminant. Dans son atelier, entre argile, carton et peinture, Maëlis redécouvre le plaisir de créer avec ses mains.

Une étape importante pour celle qui avait pourtant déjà un CAP d’encadreur d’art, mais qui décrit un véritable blocage face à la création.

Le chemin se fait alors dans plusieurs directions à la fois : de l’histoire de l’art à la création, de la thérapie cognitive et comportementale à la psychanalyse, de l’art ancien — elle était spécialiste du XVIIe siècle italien — à l’art contemporain abstrait.

« Un grand écart, une découverte et le sentiment de pouvoir allier les inconciliables ! »

C’est dans cet entre-deux que l’art-thérapie trouve sa place.

Écouter d’abord, choisir l’outil ensuite

Aujourd’hui, Maëlis reçoit dans son cabinet de Château-Gontier. Sa pratique commence par l’écoute de la demande.

Elle questionne, cherche à comprendre ce que la personne vient déposer et peut parfois proposer une autre voie lorsque les mots ne suffisent plus.

Il peut alors s’agir d’une thérapie par la parole, autour des mots et des associations de pensées, ou d’une thérapie par l’expression plastique.

L’art-thérapie peut notamment être pratiquée en institution, dans des établissements hospitaliers ou médico-sociaux. Maëlis connaît cet univers puisqu’elle a également travaillé en équipe pluridisciplinaire.

Cette double expérience, le cabinet libéral et les institutions, nourrit aujourd’hui sa manière de travailler. Au cabinet, elle apprécie la liberté qu’offre ce cadre. En institution, elle a découvert la force des regards croisés entre professionnels.

Pour elle, une pratique juste passe d’abord par l’écoute de la personne, la construction d’une alliance thérapeutique, la clarification de son objectif et la capacité à réinterroger régulièrement la pertinence du suivi.

La supervision et la covision font également partie de sa pratique professionnelle.

Quand les gestes disent ce que les mots ne disent pas

Parmi les situations qui ont marqué son parcours, Maëlis raconte celle d’un adolescent dont les productions et les gestes l’avaient alertée.

« Un ado qui enfonçait avec force des morceaux d’acier dans du carton alvéolé… qui faisait une tête en argile et l’enfonçait ensuite avec un coup de poing. »

Elle signale son inquiétude aux parents. L’adolescent sera hospitalisé par la suite.

L’anecdote illustre une dimension importante de sa pratique : l’expression plastique peut, dans certains contextes, constituer une autre manière d’observer ce qui se joue chez une personne. Elle ne se substitue pas pour autant à l’évaluation clinique ou médicale lorsqu’elle est nécessaire.

Une approche qui cherche à regarder la personne dans son ensemble

Maëlis revendique une approche qu’elle qualifie d’intégrative et holistique : accueillir une personne dans ses différentes dimensions et pouvoir lui proposer des outils en fonction de ses besoins, de ses attentes et du moment où elle se trouve.

Mais derrière les mots, elle insiste surtout sur une exigence : le sérieux de la proposition et sa pertinence.

Elle considère que la psychologie et l’art-thérapie peuvent avoir leur place aux côtés des autres approches dans l’accompagnement de personnes vivant avec une maladie chronique. Ce qui l’intéresse alors, c’est notamment de permettre à la personne de rester actrice de son parcours, plutôt que de la réduire à sa maladie.

Sur ce terrain, Maëlis porte également un regard critique sur la place accordée aux approches complémentaires. Elle estime que certaines disciplines restent plus difficiles à faire connaître ou à intégrer dans les parcours de soins, particulièrement en province.

En Mayenne, elle dit avoir rencontré davantage de freins, avec la nécessité de démontrer la pertinence de sa démarche et parfois de rechercher elle-même des financements.

Son expérience en institution lui fait pourtant défendre la complémentarité des regards : lorsqu’une équipe rassemble plusieurs professionnels, chacun apporte une lecture différente d’une même situation.

Vingt ans d’expérience, mais toujours une place pour le doute

Ce qui guide Maëlis aujourd’hui tient autant à son expérience qu’à sa capacité à rester attentive.

Elle parle d’une « présence vibrante », de sensations corporelles qui peuvent la guider dans la relation, mais aussi d’une écoute inconditionnelle et d’une volonté de garder une vision globale du contexte.

Elle revendique également « de bons outils individuels et de groupe », mais son parcours montre surtout une professionnelle qui a accumulé les expériences plutôt que cherché à entrer dans une seule case.

Historienne d’art, iconographe, mère, puis professionnelle de l’accompagnement, elle a construit sa pratique par déplacements successifs.

Peut-être est-ce finalement ce qui relie toutes les étapes de son histoire : la curiosité, le mouvement et la découverte.

« La vie est un chemin d’expériences et de découvertes. »

Et la suite, pour Maëlis, pourrait justement consister à ouvrir davantage ce chemin aux autres. Elle souhaite faire de son lieu un « tiers lieu d’expressions plastiques et de mieux-être », et pouvoir l’ouvrir à d’autres thérapeutes.

Une nouvelle étape dans un parcours qui, depuis le début, semble moins chercher la ligne droite que les passerelles entre les disciplines, les expériences et les personnes.

FAQ

L’art-thérapie, qu’est-ce que c’est ?

L’art-thérapie utilise notamment l’expression artistique comme support dans un accompagnement. Dans sa pratique, Maëlis de Lambety peut notamment proposer une expression plastique lorsque les mots ne suffisent plus.

Où consulter Maëlis de Lambetye ?

Maëlis de Lambetye exerce comme art-thérapeute à Château-Gontier, en Mayenne. Les informations pratiques sont disponibles sur son site internet.

Faut-il savoir dessiner ou être artiste pour faire de l’art-thérapie ?

L’art therapie ne requiert pas de condition particulière concernant les compétences artistiques. Maëlis raconte toutefois avoir elle-même connu un blocage face à la création avant de redécouvrir le plaisir de créer.


Rencontrer Maëlis de Lambetye

Maëlis de Lambetye
Art-thérapeute
Château-Gontier, Mayenne

Site internet :
www.cabatelier.com

Pour connaître les modalités d’accompagnement, les consultations proposées et les coordonnées complètes, rendez-vous sur son site internet.