« Je me souviens très bien de ce matin-là. Il faisait gris, le ciel bas semblait appuyer sur mes tempes. J’étais assise dans la cuisine, une tasse de café refroidie entre les mains, incapable de me lever. Tout m’irritait : le bruit du frigo, les miettes sur la table, même le souffle de mon compagnon dans la pièce voisine. Une colère sourde, inexplicable, me traversait. Et pourtant, rien n’avait changé. Ou presque.
C’était le troisième mois d’affilée que je me sentais ainsi, comme prise dans une vague d’émotions trop fortes pour mon corps. Je pleurais sans raison, je m’agaçais pour des détails, je me sentais vide puis débordante, sans comprendre pourquoi. Ce jour-là, j’ai tapé dans mon moteur de recherche : “émotions intenses avant règles”. Et là, j’ai découvert un monde que je n’avais jamais exploré : celui du cycle féminin comme langage.
Apprendre à écouter mon rythme
J’ai commencé par noter mes émotions dans un petit carnet, chaque jour. Pas pour les contrôler, mais pour les observer. Très vite, un schéma s’est dessiné : à l’approche de mes règles, je devenais hypersensible, irritable, fatiguée. En phase folliculaire, je retrouvais mon énergie, mon envie de créer, de sortir. Pendant l’ovulation, je me sentais puissante, lumineuse, presque invincible. Et puis la descente, douce ou brutale, selon les mois.
J’ai adapté mes routines. Les jours de grande fatigue, je m’autorisais des bains tièdes aux huiles essentielles de lavande et de géranium. Je tamisais la lumière, je mettais de la musique douce — souvent des chants intuitifs ou du piano. Je préparais des infusions de sauge et de framboisier, que je buvais lentement, en regardant par la fenêtre. Je cuisinais des plats réconfortants : soupe de patate douce au lait de coco, riz complet aux légumes rôtis, compote de pommes à la cannelle. Prendre mon temps pour moi, sans pression.
Et surtout, j’ai arrêté de me forcer. Si mon corps disait “stop”, je l’écoutais. Si une émotion montait, je la laissais passer, comme une vague. Je ne cherchais plus à être constante — j’apprenais à être cyclique.
Ce que les autres ont vu changer
Mon compagnon a été le premier à remarquer. “Tu es plus douce avec toi-même”, m’a-t-il dit un soir, alors que je refusais une sortie parce que je sentais le besoin de rester au chaud. Ma meilleure amie, elle, a commencé à m’envoyer des messages comme : “Tu es en phase ovulatoire, non ? Tu rayonnes !” On en riait, mais au fond, elle avait raison.
J’ai aussi eu des résistances. Une collègue m’a dit que je “psychologisais trop” mes règles. Une autre m’a demandé si je comptais organiser mes projets en fonction de mon utérus. J’ai souri et je ne me suis pas justifiée.. Ce n’était pas une régression, c’était une révolution intime. Une prise de conscience.
Ce que cette écoute a changé en moi
En me reconnectant à mon cycle, j’ai appris à me respecter. À ne plus me juger pour mes émotions fluctuantes. À comprendre que ma colère n’était pas un défaut, mais un signal. Que ma fatigue n’était pas une faiblesse, mais une invitation au repos. J’ai aussi découvert une forme de puissance : celle de connaître mon rythme, de l’honorer, de le partager.
Professionnellement, j’ai commencé à planifier mes tâches en fonction de mes phases. Création en ovulation, réflexion et évitement des conflits en phase lutéale, repos en menstruation. Et ça fonctionne. Je suis plus alignée, plus efficace, plus sereine
Et si vous écoutez votre propre rythme?
Je ne prétends pas avoir trouvé une recette miracle. Mais je sais que mon corps a toujours su. Il m’a parlé à travers mes douleurs, mes colères, mes élans. Il m’a guidée vers une forme de sagesse que je n’avais jamais envisagée.
Alors si vous vous sentez débordée, perdue, en tension… peut-être que votre corps essaie simplement de vous dire quelque chose. Essayez d’écouter. Notez. Respirez. Et surtout, soyez douce avec vous-même. Vous êtes cyclique. Vous êtes vivante. Et c’est une force.
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